FM9 Tomate Party

Episode : Le voyage dans le temps

“Il y a eu de belles rencontres à force de traverser les mers : la patate d’Amérique a rencontré l’huile d’olive et la tomate a fini sur le blé”. Erri de Luca

Oh petit-e coquin-e. Tu as cru un instant que Marsie et moi-même allions te parler des nos rencontres au gré des océans et autre mers ? Indiscret-e va. En vrai, on t’a préparé mieux que ça….Tu es prêt ? Passeport à jour ? Masque bien posé sur ton nez ? Tu as tous les numéros de Foodmood afin de passer le temps ? Ah et prépare toi aussi quelques tuniques histoire de pas trop trop te faire remarquer et révises ton nahuatl… Oui effectivement tu ne dois pas trouver cette langue sur Duolingo. On va où ? On part de l’autre côté du monde, on fait un petit saut dans les siècles et on t’emmène observer les toutes premières tomates !

Bienvenidos queridos lecteurs, nous voilà chez les Aztèques, ancêtres des mexicains qui, inspirés eux-mêmes par les Maya, ont cultivé les premiers le fruit de forme que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de tomate, au sud de l’actuel Mexique. Mais avant même de te raconter comment elle est arrivée dans ton assiette, il te faut comprendre un peu sa famille : notre tomate appartient à la grande famille des solanacées.  Et c’est pas n’importe quelle famille. Tu retrouves parmi ses membres, des plantes, des arbustes, des lianes…Et parmi tous ceux-là, tu as des stars comme : les pommes de terre, les aubergines, les piments et aussi des beautés un peu plus toxiques telles que la datura, la mandragore ou le tabac par exemple. D’ailleurs, la tomate elle aussi est toxique. Si, si. Un fruit bon et juteux pour attirer insectes et animaux (ceux à deux pattes aussi…)à la déguster et à permettre donc sa diffusion…Et une tige et des feuilles toxiques pour permettre à ces mêmes animaux de ne pas tout manger et de garantir donc la durabilité de notre tomate. Tu ne déconnes pas avec la tomate.

De tomatillo à la tomate il n’y a qu’un gène

Revenons à nos Aztèques : les choses qui avanient une forme ronde et gonflée prenaient le nom de tomatl. Et parmi ces choses là, nous avions le tomatillo (mil-tomatl en nahuatl) qui était un fruit petit et rond, de couleur verte claire et recouverte d’une pellicule à casser avant de manger le fruit. Ce tomatillo, qui ressemble un peu à des physalis, appartient à la même grande famille des Solanacée mais a un gène différent. Puis il y avait le xi-tomatl (jitomate) qui désignait la tomate telle qu’on l’entend aujourd’hui. Tu suis ? Et bien bravo, parce qu’apparemment Hernan Cortes lui n’avait pas trop suivi. Il a certes eu la bonne idée, une fois qu’il a foulé le sol du Nouveau Monde,de ramener ses découvertes en Europe. Il devait être curieux oui, mais peut-être un peu désordonné car la différence entre les deux semis n’a pas vraiment été expliquée et le terme générique de tomatillo a été ensuite vulgarisé dans le monde. Alors que dans le monde désormais tomate désigne la tomate rouge, aujourd’hui encore, dans certaines régions mexicaines, le terme tomate est utilisé pour se référer au tomatillo (la petite tomate verte….) Tu es perdu-e ? Oui, l’origine du mot tomate connaît autant de rebondissements que le, pardon
la, Covid.

La sagesse de Madame Tomate et sa conquête du monde

Parce que figure-toi, que ça ne s’arrête pas là. Au début, ce nouveau fruit avait beacoup beaucoup trop de solanine : ce qui les rendaient indigestes et amères. Soit dit en passant, c’est aussi cette substance qui les rend toxiques. Alors, les tomates qui étaient tout de même toutes belles, étaient utilisées comme plantes d’ornement. Et puis les années ont passées
, les modifications génétiques ont fait leur travail et hop, un jour, l’un de mes compatriotes (compatriote du côté italien) téméraire et malin (je fais le pari qu’il était de Naples) il goûte une tomate et là….La révolution culinaire était en marche et avec elle, le début de la dolce vita. Enfin, plus ou moins. Car entre les premières cultures et le moment où c’est devenu un incontournable de la table italienne, plus ou moins 400 ans se sont écoulés. Oui, être tomate t’apprend la patience. Influenceurs et influenceuses, la tomate a beaucoup à vous apprendre. Ah et petit détail : la solanine est toujours présente dans la tomate (et pommes de terre, et aubergines, etc…) mais les quantités ne sont pas toxiques sinon à très très très haute dose. 

Madame Tomate met son (gros) grain de sel

La bonne nouvelle ? En septembre elles sont excellentes. Oh…foodmood t’en parle pile poil quand tu peux aller en acheter au marché le plus près de chez toi !Malin. Alors demain, samedi ou quand tu y vas, demande à ton maraîcher de quelle tomate il s’agit et ça te donnera des idées pour les préparer comme il se doit. D’ailleurs… J’en profite pour te dire, l’air de rien, que les tomates, pour qu’elles soient au max de leur forme, quand tu les achètes et avant de les consommer, laisse-les dehors du frigo…elles te le rendront bien ! Enfin sauf quand tu veux les préparer à l’andalouse. La technique ? Si tu veux que ta tomate donne le meilleur d’elle-même, tu fais comme quand tu veux que ta peau soit la plus belle possible. Tu coupes tes tomates en gros morceaux (ça marche par exemple avec de belles coeurs de boeuf ou tetas des monjas), tu les mets dans un plat plutôt plat et large (pour qu’elles aient une bonne distanciation sociale entre elles) et tu les arroses de gros sel: là tu es autorisé-e à les mettre un peu au frigo. Au moment de les servir, tu mets la touuuuuuuuche d’huile d’olive habituelle et tu nous en donneras des nouvelles…Ne nous remercie pas , cette pépite est ton petit cadeau de la rentrée par Foodmood ! 

Tomate is coming

Une question me taraude. Pourquoi si Madame Tomate a fait preuve de tant de patience, nous, nous ne savons pas l’attendre et on cherche à en consommer tout le temps ? Bonne question Fanny ! (oui en tant que co-rédactrice en chef je peux m’autocongratuler sur les questions que je pose moi-même à moi-même). Et bien… aucune idée. Peut-être parce que la morosité de nos hivers nous pousse à mettre du (faux) soleil dans notre assiette ? Peut-être parce que on ne peut pas tous naître à Naples ou à Grenade et manger des tomates avec du goût jusqu’en octobre et on devient un peu envieux ? [O

uuuu que ce n’est pas beau d’envier]. J’ai beau chercher, je ne trouve aucune réponse satisfaisante. Ce qui est certain, c’est que Madame la Tomate a mis tellement de temps à se faire accepter telle qu’elle était, avec sa tige toxique, ses formes irrégulières et son histoire rocambolesque, que c’est un peu lui manquer de respect que de ne pas la manger en sa saison de pleine saveur et de pleine beauté. Mais tu sais quoi ? Foodmood te comprend…et il y a des idées  pour garder le goût de la tomate même lorsque que l’hiver arrive et que la dépression hivernale fait toc toc à ta porte… Rdv au numéro du 24 septembre ! D’ici là, on attend toutes tes histoires / recettes / conseils de tomates par mail, carte postale ou petit message Instagram ! 

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