Usseglio - Piémont

Giro Food – Le Piémont 1/2

A la découverte des Vallées du Piémont – Épisode 1 Usseglio

Notre horoscope nous l’avait prédit : ce sera un été de changements…

Et baaaaam la ville de Turin l’a rendu réalité en nous invitant en Italie dans le cadre de Montagne à la Carte, un projet européen promouvant le tourisme gastronomique dans les Alpes italiennes et françaises.

Et nous avons eu la grande grande chance de découvrir une partie du méconnue du Piémont.

Tu le sais, les FoodMood, sont plutôt habituées à arpenter les villes ou les villages baignés par la mer… Mais cet été, elles se sont lancées, telles de vraies baroudeuses habillées en kaki, à l’assaut des montagnes !

Et, elles n’ont reculé devant rien pour que tu puisses avoir le plaisir de découvrir des spécialités gastronomiques qui sont boum bam boum de bonté. Ah. Tu pensais que nous allions te parler de randonnées ? Été de changements d’accord, mais il ne faut pas abuser hein.

Nous sommes tellement nous, que notre Stiletto nationale a débarqué au village d’Usseglio (à 1256m d’altitude) en talons rose fuchsia. Le ton était donné.

Sauvée enfin par sa perspicacité tardive qui lui a fait reposer les talons dans la valise, nous nous sommes (enfin) lancées dans les hostilités culinaires, qui n’ont d’hostiles que le nom.

Alors viens, on te fait découvrir deux villages des Alpes à travers leurs spécialités gastronomiques et évidemment quelques petites anecdotes comme seules les FoodMood savent te concocter !

Notre premier arrêt nous conduit à Usseglio, jolie petite bourgade de montagne, à une soixante de kilomètre de Turin, où tu peux skier l’hiver et même faire des raquettes (c’est toujours bon à savoir il paraît). Où tu peux surtout (bien) manger, entre deux descentes. Et où tu peux aussi juste aller pour manger !!!

Guglielmo – le boulanger du cœur

Panetteria - La Mica'

Que serait un village sans boulanger ?

Et ici, on ne plaisante pas avec l’importance du pain. Guiglielmo, propriétaire de la boulangerie La Micà, se lève depuis 20 ans à minuit, pour fournir l’ensemble des villages aux alentours de pain. Pour lui s’en est même devenu un devoir et une fierté bien sûr : il est le seul boulanger sur plusieurs kilomètres à la ronde…Les habitants et restaurateurs du coin comptent sur lui. Tous les jours.

Sa boulangerie est le lien social du coin : ici tu es vraiment loin des premières grandes villes et hors des grandes vacances d’été où les jeunes du village repeuplent les montagnes, ces coins subissent un peu la désertification dont on parle tant…Tant que le boulanger tient, les villageois les plus âgés tiendront !

Guglielmo sait l’importance d’allumer son four le matin, d’être présent, de servir, d’écouter et de parler…Il a ce regard rempli d’humanité, qui te fait comprendre que son pain, c’est bien plus que de la farine et de l’eau. C’est un engagement d’amour, envers ses voisins, envers les villageois environnant et les quelques restaurateurs qui sont encore dans le coin.

Et soyons honnêtes, je ne suis pas du tout impartiale. J’ai été conquise par lui dès le démarrage de notre échange. Regard timide et attitude humble, il nous a ouvert les coulisses de son atelier sur l’heure de sa sieste [imagine l’importance de la sieste quand tu te lèves à minuit…] et il a fabriqué avec nous les pasta di meliga et i torcetti, pour qu’on puisse voir les secrets de fabrication et évidemment…les goûter !

Silvio et ses femmes

La seconde halte à Usseglio est chez la famille de Silvio, dans l’hôtel restaurant la Furnasa.

Lui aussi est là depuis plus de vingt ans. Comme Guglielmo, dans ses mots, tu comprends que c’est une passion et un acte engagé de rester là, de perpétuer le restaurant familial, de continuer à cuisiner.

Il est là avec Marilena, sa maman d’un âge certain, qui n’a pas quitté le bar de toute la journée et soirée. Elle sert les café et enchaîne les bacs de verres dans la plonge…

Dos plié en deux, canne qui l’attend à l’entrée de son bar, Marilena est l’un des visages marquants de ce périple. Je l’ai aimé de suite.

On ne s’est pas parlé, mais j’ai reconnu en cette femme, la pugnacité, la force du travail incessant, l‘amour de l’accueil des autres.

Puis il y a sa petite fille, qui du haut de ses vingt ans gère la salle avec sa maman Maria et étudie à l’école hôtelière pour reprendre un jour l’affaire familiale et devenir cheffe.

Pour le moment elle arpente la salle avec son chignon impeccable et soutien son père en goûtant le zabaione minute qu’il nous sert en fin de dîner. Des deux sœurs, c’est la seule qui veut reprendre l’affaire. Et elle n’envisage aucun autre lieu de travail…

Ici, famille et travail se confondent, tu sens que le lieu c’est eux et qu’ils aiment te recevoir comme si tu étais invité pour le déjeuner du dimanche.

Pas de froufrous ou de chichis.

Tout a une raison d’être, à commencer par les assiettes qui nous ont été servies : chaque plat parle de la terre environnante et de ses fruits.

Tous les ingrédients sont km 0, comme on dit en Italie : de la pomme de terre des gnocchi cultivées par des jeunes qui viennent de s’installer (« espérons qu’ils restent », nous dit Silvio), du lard aux herbes aux petits gâteaux du dessert de la boulangerie de….Guglielmo…!

Et en fin de repas, le petit amaro (digestif) du coin : leur Génépi…Et comme ils ont pensé à tout, le petit plus non négligeable : la possibilité de dormir sur place si tu en as un peu abusé !

Le Piémont est une région qui se réveille très souvent avec le brouillard bien épais et qui se dissipe petit à petit dans la matinée pour ensuite laisser place à un beau ciel limpide.

Nos rencontres à Usseglio ressemblent à leur région : de prime abord des personnes sur la retenue, peut-être un peu réticentes à échanger. Mais petit à petit, après la première question, tu rentres dans leur univers et tu comprends vite que leur envie est de partager avec toi leur amour pour la terre.

En entrant ici, tu comprends un peu du caractère des gens du coin : entre la sévérité due au climat et à l’année difficile qu’on vient de passer et l’amour et la précision de continuer à régaler les locaux, les gens de passages, les habitués.

Quelles sont les spécialités culinaires d’Usseglio ?

  • les châtaignes au miel, très présentes dans la région
  • la variété de maïs ancien “Pignoletto Rosso”, notamment utilisée pour faire la polenta
  • la Battuta a coltello di Fassona, un tartare de boeuf de Fassona, une race bovine piémontaise de qualité supérieure
  • La toma di Lanzo, fromage typique de ces montagnes
  • le lardo aux herbes, effrayant pour certains au premier regard car uniquement composé…de gras ! Fais l’expérience, ça vaut le coup, avec modération bien sûr

Rdv semaine prochaine pour la seconde étape de notre petit tour dans les montagnes et la suite de nos découvertes !

Petit récap des adresses

Pour retrouver l’ensemble des initiatives et partenaires du projet Montagne à la Carte sur le site dédié de Turismo Torino : https://www.turismotorino.org/fr/evenements/montagne-la-carte

Hotel Restaurant Furnasa : http://www.ristorantehotelfurnasa.com/

Boulangerie Micà : https://comune.usseglio.to.it/it-it/vivere-il-comune/shopping-aziende/la-mica-41775-1-6e8617ac46799c24588f413e73cae722

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